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Rue

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Parfois dénommée herbe de grâce, la rue concerne une centaine d’espèces parmi lesquelles figurent ruta graveolens et ruta chalepensis, les plus connues et utilisées. De la famille des rutacées, cette plante aromatique fétide croît dans les pays du bassin méditerranéen sur les sols ouverts et ensoleillés. Cultivée dans le monde entier en tant que plante d’agrément mais aussi pour ses propriétés médicinales, ces parties aériennes sont récoltées en été.

L’histoire de la rue :

La rue, Ruta chalepensis, selon la bible, aurait été la plante dans laquelle Jésus essaya de se cacher pour échapper aux soldats romains, ce qui lui valut sa renommée de plante protectrice contre les forces du mal, croyance encore bien vivante en Amérique du Sud. Dès l’Antiquité, en Grèce et en Egypte, la rue était déjà employée comme plante médicinale, notamment pour stimuler les règles, provoquer les avortements et renforcer l’acuité visuelle. Plante acclimatée dès le Moyen-âge dans les régions tempérées plus froides de l’Europe, elle fut introduite en Amérique du sud vers le 16ème siècle par les espagnols et les Portugais.

Que contient la rue ?

  • La ruta graveolens, de loin l’espèce la plus utilisée,renferme des flavonoïdes dont la rutine (jusqu’à 5%) ainsi que de la quercétine, de précieux protecteurs vasculaires ainsi que de puissants antioxydants qui font l’objet de bon nombre d’études publiées à ce jour.
  • La rue contient des furanocoumarines photosensibilisantes dont le bergaptène et le xanthotoxine : pas d’exposition solaire en cas d’utilisation de cette plante.
  • Des alcaloïdes dont la fagarine, de l’arborinine et de la skimmianine, peuvent atteindre jusqu’à 1,4% des constituants.
  • La rue contient une huile essentielle, très riche en méthyl-nonyl-cétone pour ce qui est de la plante et en 2-undécane pour ce qui est de ses fruits.

Les effets et usages de la rue :

  • De par ses vertus emménagogues, la rue est prescrite afin de réguler l’apparition des règles de par son effet stimulant sur les muscles de l’utérus.
  • De par son action spasmolytique, la rue favoriserait les contractions utérines, d’où sa contre-indication majeure chez la femme enceinte.
  • L’huile essentielle, de par ses vertus antihelminthiques représente un poison neurologique pour les parasites. En friction, elle permet de calmer les douleurs situées aux articulations ou aux muscles de par son action rubéfiante.
  • La rue, préparée en infusion, peut être appliquée sur les yeux cernés, fatigués ainsi que pour améliorer la vue.
  • De par la présence de rutine, la rue a pour autre action de renforcer les parois des vaisseaux sanguins ainsi que celle d’abaisser la tension.

Les différentes espèces de rue :

  • Des différentes espèces de rue existantes, seules trois restent encore utilisées de nos jours. Ruta graveolens et ruta chalepensis se ressemblent beaucoup, comparées à Ruta montana.
  • Seuls les pétales des fleurs en bouquets jaune-verdâtre permettent de faire la différence : ceux de Ruta graveolens sont lisses tandis que ceux de Ruta chalepensis sont finement divisés, laciniés, sur leur bordure.
  • Si Ruta graveolens reste l’espèce la plus utilisée en Europe, notamment en homéopathie, ruta chalepensis demeure très appréciée en Amérique du Sud. Dans la province de Corrientes, en Argentine, la coutume veut que chaque premier jour du mois d’Août, les habitants boivent une infusion de rue aromatisée au jus de canne s’assurant ainsi d’une bonne santé pour l’année à venir.

Les effets toxiques de la rue :

  • Les Furanocoumarines (psoralènes) contenues dans la rue sont phototoxiques.
  • Consommer des extraits de rue même en petite quantité peut entraîner des malformations fœtales, avec risque majoré d’avortement.
  • Les signes d’intoxications par la rue commencent par des troubles digestifs (douleurs, vomissements, hypersalivation) qui s’accompagnent rapidement de signes de choc (hypotension, troubles cardiaques), voire de convulsions,  en parallèle de saignements génitaux.
  • Selon la gravité de l’intoxication, il peut se développer une insuffisance rénale et hépatique pouvant conduire au décès.
  • Il n’y a pas d’antidote à l’intoxication par la rue, que ce soit pour l’espèce Ruta graveolens ou Ruta chalepensis.