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Quinquina, originaire d’Amérique du Sud, le quinquina est de nos jours cultivé de façon intensive en Inde…

Quinquina, originaire d'Amérique du Sud, le quinquina est de nos jours cultivé de façon intensive en Inde...

Originaire d’Amérique du Sud, le quinquina est de nos jours cultivé de façon intensive en Inde, à Java ainsi que dans certaines régions d’Afrique. Le Cinchona Officinalis, de son nom latin, fait partie de la famille des Rubiacés. Egalement connu sous le nom de « quina lanuda « en Equateur ou « hoja de zambo « en Colombie, cet arbre comprend plusieurs espèces qui présentent toutes un intérêt au niveau médicinal, de par la présence de substances actives contenues dans son écorce : le quinquina jaune ( Chinchona calisaya), de loin le plus utilisé et cultivé, le quinquina rouge (Chinchona calisaya) et l’arbre à quinine (Chinchona officinalis). D’une production annuelle d’écorces estimée à 8200 tonnes, pas moins de 6 ans sont nécessaires avant de pouvoir en prélever la précieuse substance tant recherchée : la quinine.

L’histoire du quinquina :

Le mot quinquina viendrait pour certains du mot quechua « kinakina » ou de « quina », dans sa version indienne, pour d’autres. Toujours est-il que les Indiens du Pérou ont toujours utilisé le quinquina, sous forme de décoction d’écorce, pour soigner les fièvres, des problèmes digestifs et des infections. Son nom latin de « cinchona » fut attribué par Linné, le célèbre botaniste, en souvenir de la Comtesse El Cincho, qui fut guérie grâce aux principes actifs contenus dans l’écorce, à savoir la quinine. Déjà largement utilisée sous le règne de Louis XIV, l’engouement grandissant pour cette substance miracle va petit à petit appauvrir les plantations de quinquina de l’ancienne Grande Colombie, jusqu’alors sauvages. Les britanniques vont introduire le quinquina rouge à Ceylan, suivis par les Hollandais qui développeront la culture du quinquina jaune à Java, l’une de leurs colonies.Vers le milieu du 19ème siècle, la France, sous la houlette de deux pharmaciens, réussiront à isoler de l’écorce de cet arbre deux substances thérapeutiques, la quinine et la cinchonine, mettant plus ou moins un terme à l’utilisation de l’écorce de quinquina.

Que contient le quinquina ?

Le quinquina renferme dans ses principaux constituants des alcaloïdes, pour au moins 6% , qui se répartissent en quinine pour 30 à 60% et de cinchonine pour le reste : le quinquina jaune, pour un kilo d’écorce tiré, renferme 32 grammes de quinine, raison pour laquelle il est la variété la plus cultivée à ce jour. L’écorce de quinquina rouge, riche également en quinine et en cinchonine, renferme des composés phénoliques ( cinchonaïne, pro-anthocyanidol). La saveur amère du quinquina est due à la présence de quinovine, un glucoside triterpénique.

Les vertus du quinquina :

  • Au Brésil, l’écorce de quinquina est considérée comme tonifiante et antipyrétique. Bon nombre d’anémie, de désordres gastro-intestinaux, de fatigue, de fièvre et de crises de paludisme s’en trouvent soulagés.
  • Déjà l’un des traitements du paludisme jusqu’en 1914, la quinine a été remise au premier plan à partir des années 60, du fait de la résistance du parasite au traitement de synthèse, la chloroquine issu de l’industrie pharmaceutique.
  • De par son côté tonique amer, le quinquina stimule les glandes salivaires, les sécrétions digestives et l’appétit : il a donc toute sa place pour stimuler la digestion.
  • Le quinquina soulage les irritations et les infections localisées au niveau de la gorge, utilisé en gargarismes.
  • Cette plante est capable de soulager les crampes et les douleurs liées à l’arthrite.
  • En Inde, cette plante est toujours d’usage pour traiter la sciatique, la dysenterie mais aussi les problèmes de « khapa », classement déterminé par la médecine ayurvédique et qui prône l’usage des certaines saveurs pour traiter certaines pathologies : de par son côté amer, le quinquina permet de renforcer le principe de l’eau.
  • L’écorce de quinquina a toute sa place, même en cuisine, puisque certaines boissons amères en contiennent, tout comme certaines limonades toniques ou liqueurs très sucrées et amères, sans oublier les boissons alcoolisées Quinquina ou de la marque Dubonnet qui ont connu leur période de gloire.

Les préparations et usages du quinquina :

La poudre de quinquina reste réservée pour soigner le paludisme. La décoction, remède bien connu sous cette forme pour faire baisser la fièvre, peut être utilisée également en gargarismes, afin de soulager les maux de gorge. La teinture, d’un goût très amer, est toute-indiquée pour alléger les digestions les plus difficiles.

Les précautions liées au quinquina :

  • La surconsommation de quinine peut provoquer le quinisme, dont l’aboutissement peut être un coma mortel : la prise de quinine reste sous la responsabilité médicale. A savoir que les comprimés existants correspondent à 600 mg de sulfate de quinine dihydratée, la dose par voie orale toxique se situant aux alentours de 3 g.
  • Elle est déconseillée chez la femme enceinte, car réputée abortive à fortes doses.
  • L’administration de quinine, surtout par voie intraveineuse peut favoriser la sécrétion d’insuline et induire une hypoglycémie.