Publié le

Parfois appelée herbe aux ânes ou primevère du soir, l’onagre de la famille…

Parfois appelée herbe aux ânes ou primevère du soir, l'onagre de la famille...

Parfois appelée herbe aux ânes ou primevère du soir, l’onagre de la famille des oenothéracées ou onagracées, Oenothera biennis et originaire d’Amérique du Nord, est présente sur bon nombre de talus, de terrains incultes ou de certaines dunes de sable du littoral Atlantique.

Ses grandes corolles jaunes s’ouvrant en fin de journée en quelques minutes, sa haute tige tachetée de rouge, sa floraison parfumée estivale font de l’onagre une belle plante facilement reconnaissable au détour d’une balade dans la nature. A noter que l’espèce la plus répandue reste l’onagre bisannuelle, la seule possédant un intérêt thérapeutique.

L’histoire de l’onagre :

Les Indiens d’Amérique du Nord l’utilisaient déjà aussi bien en usage externe qu’interne : blessures, abcès mais aussi toux et douleurs gastriques étaient ainsi soulagées grâce aux vertus de cette plante. Ce n’est que vers le 18ème siècle que les graines, contenues dans la terre utilisée à l’époque pour lester les bateaux, germeront en Europe : son usage s’étendra ensuite du fait de la découverte et des travaux publiés autour des omégas 3.

Que contient l’onagre ?

  • L’onagre est avant tout utilisée pour ses graines, dont on extrait une huile, très riche en acide gras essentiel. L’acide linoléique , présent à hauteur de 70% dans les graines, reste un acide gras essentiel insaturé permettant la synthèse des prostaglandines ( PEG 1), en tant que précurseur. L’acide gamma-linolénique ( AGL), également un précurseur des PEG1, s’oppose aux effets de la prolactine, diminuant ainsi les troubles associés au syndrome prémenstruel. L’homme ne possédant pas naturellement l’acide gamma-linolénique, celui-ci étant très rare dans la nature, seules quelques plantes en contiennent des quantités suffisantes dont l’onagre. L’acide oléique y est également présent, à hauteur de 10% environ : l’onagre présente donc une grande richesse en omégas 6.
  • La chaleur détruisant les principes actifs, il est primordial de choisir une huile d’onagre produite par 1ère pression à froid et de la conserver à l’abri de l’air, de la lumière et de la chaleur : optez lors de l’achat pour de l’huile conservée dans une bouteille en verre ambrée
  • Elle renferme également de la lignine ainsi que des mucilages, des tanins, dont l’oenothérine, des composés flavoniques, aux vertus antioxydantes ainsi que des phytostérols, particulièrement recherchés pour aider à lutter contre le mauvais cholestérol.
  • Comme pour tout type d’acides gras essentiels, il convient toujours d’associer une prise de vitamine E et C, en parallèle, ceci afin de protéger les membranes de ces précieux omégas particulièrement fragiles : l’huile d’onagre n’échappe pas à cette règle.

Les propriétés de l’onagre :

  • L’onagre présente des propriétés antispasmodiques, hépato-protectrices, astringentes, vasodilatatrices, anti-inflammatoires, anticoagulantes, hypocholestérolémiantes, utilisable aussi bien en externe qu’en interne.
  • En usage externe, l’huile d’onagre peut être utilisée directement sur la peau, ou bien intégrée dans des produits cosmétiques : hydratante par excellence, celle-ci présente une action antirides, assurant une élasticité de la peau et une activation de la circulation. Elle lutte contre la fragilité des ongles et des cheveux, notamment dans le cas de certains types d’alopécie masculine, en dehors des facteurs héréditaires, parfois à l’origine.
  • Associée à de la vitamine C et B6, l’onagre permet de pallier à certains problèmes de sécheresse, plus spécialement touchant les muqueuses des yeux et de la bouche.
  • En usage interne, de par son action anti-inflammatoire due à la stimulation notamment des lymphocytes T8 suppresseurs, empêchant ainsi les globules blancs de s’attaquer à ses propres organes, l’onagre présente des effets bénéfiques sur certaines pathologies dites auto-immunes, comme l’arthrite rhumatoïde ou la polyarthrite rhumatoïde, en diminuant les douleurs le plus souvent ressenties au niveau des articulations des doigts et des poignets.
  • Les manifestations allergiques présentes en cas d’eczéma*, d’urticaire, d’asthme ou de rhinite saisonnière peuvent être calmée par la prise d’onagre en interne. L’allergie en général est due à une perturbation du système immunitaire qui provoque une réaction excessive de l’organisme face à des substances, qu’elles soient étrangères ou pas : s‘ensuivent une production excessive d’anticorps ainsi qu’une libération d’histamine. En stimulant les lymphocytes T suppresseurs, l’huile d’onagre contribue à calmer cette surexpression dudit système immunitaire, tout en diminuant la réaction inflammatoire. En usage externe, l’eczéma atopique du nourrisson peut être calmé par de simples frictions sur le ventre.
  • L’onagre est toute indiquée en cas de taux de cholestérol élevé, pour lutter contre l’athérosclérose et en prévention des maladies cardio-vasculaires. Ceci est du au fait que l’onagre est capable de diminuer l’agrégabilité des plaquettes sanguines et de diminuer le risque d’obstruction artérielle, de par son effet anti-thrombolytique.
  • Certains symptômes ressentis quelques jours avant la période des règles, comme la tension au niveau des seins, des ballonnements abdominaux, mais aussi au niveau psychique comme des troubles de l’humeur, sources possibles d’insomnie voire même de dépression, peuvent trouver leur origine dans une production excessive de prolactine : c’est le syndrome prémenstruel** parfois tant redouté chez certaines femmes. La prise régulière d’onagre sur plusieurs mois, de par son action sur les PEG1, peut soulager bon nombre de ces symptômes, si l’alimentation est carencée en acides gras essentiels.
  • De par son action ré-équilibrante au niveau de la balance PEG1/PEG2, l’onagre pourrait aider à traiter certaines ulcérations gastriques induites par l’administration d’anti-inflammatoires non stéroïdiens et soulager des troubles intestinaux, dont le terrain présente une inflammation.

Les parties de l’onagre utilisées :

  • Toutes les parties de l’onagre, à savoir l’écorce, la tige, la feuille, la fleur ou la graine peuvent être utilisées. En alimentation, les feuilles ainsi que sa racine peuvent être consommées, une fois bouillies. C’est de là que vient son appellation « jambon du jardinier », sa racine une fois cuite ressemblant à s’y méprendre à son homologue animal.
  • L’onagre, sous forme d’huile, en phytothérapie, peut être consommée à hauteur de 3 à 6 grammes par jour : il convient toutefois d être vigilant sur sa méthode de fabrication, son titrage en acide gamma-linolénique ( au moins de 8%) ainsi que sa conservation dans une bouteille ambrée en verre.
  • L’onagre, en infusion, peut comporter les feuilles et les tiges, hâchées menues et séchées : 1 cuillère à thé infusée dans 250 ml d’eau bouillante peut contribuer à calmer le rhume ou certains troubles gastriques.

Les contre-indications de l’huile d’onagre :

  • L’huile d’onagre présente des interactions possibles avec les anticoagulants et avec les médicaments prescrits en cas de schizophrénie .
  • L’acide gamma-linolénique( AGL) qu’elle contient peut entraîner des crises d’épilepsie chez les personnes traitées notamment par phénothiazine : son usage en est fortement déconseillé.
  • La prise régulière de corticostéroïdes a un effet inhibiteur sur l’AGL : l’huile d’onagre ne pourra donc agir efficacement si elle est utilisée pour traiter un eczéma.
  • En l’absence d’études et de tests, l’huile d’onagre ne doit pas être utilisée pendant la grossesse.

*Evening primrose oil is effective in atopic dermatitis: a randomized placebo-controlled trial. Senapati S, Banerjee S, Gangopadhyay DN. Indian J Dermatol Venereol Leprol. 2008 Sep-Oct;74(5):447-52. Texte intégral : www.ijdvl.com
**Budeiri D, Li Wan Po A, Dornan JC. Is evening primrose oil of value in the treatment of premenstrual syndrome?Controlled Clinical Trials 1996; 17: 60-68.