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Ortie

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L’ortie dioïque, urtica dioica, également appelée la grande ortie, fait partie de la famille des urticacées, qui comprend une cinquantaine de genres et près de 700 espèces réparties à travers le monde. Plante élancée, à fleurs petites en grappes ou en boulettes de couleur verdâtre, ses 4 sépales donnent naissance à un fruit, l’akène, sans oublier ses nombreux poils urticants. Redoutée le plus souvent pour ses piqûres, cette plante est appréciée depuis le 1er siècle avant J.C.:Dioscoride,le célèbre médecin grec utilisait déjà ses feuilles fraîches pour soigner les blessures infectées, son jus pour stopper les saignements de nez. De nos jours, l’ortie reste prescrite en cas de fièvre, d’arthrite, d’anémie et trouve également un usage en cuisine, son goût n’étant pas sans rappeler celui de l’épinard.

Que contient l’ortie ?

  • L’ortie fait partie de ces plantes aux vertus médicinales de par les nombreux composants qu’elle renferme au niveau de ses feuilles : des antioxydants* dont des flavonoïdes sous forme de quercétine et des tanins,des lignanes, des amines ( histamine, choline, acétylcholine, sérotonine), de la chlorophylle, du xanthophylle ainsi que des minéraux (calcium, potassium, acide silicique, fer).
  • Les vitamines pro-A (bêta-carotène), B9 (acide folique), B5 (acide penthothenique), C (acide ascorbique), E (tocopherol) et K y sont bien représentées.
  • On note la présence de 8 acides aminés essentiels dont la leucine, l’isoleucine, la lysine, la méthionine, la phénylalanine, le tryptophane, la thréonine et la valine.
  • La richesse en protéines végétales des feuilles représente de 5 à 9 %, ce qui en fait un aliment plus riche que le soja.
  • Les cathécolamines présentes dans les poils urticants sont responsables des réactions urticantes.
  • Ses racines contiennent, quant à elle, des phytostérols, aux vertus particulièrement diurétiques recherchées, ainsi que des lignanes, des sels minéraux et des composés phénoliques.
  • Le fruit de l’ortie est riche en protéines, en mucilage, en vitamine E et comprend une huile grasse, riche en omégas 3, à forte proportion d’acide linoléique, d’acide linolénique en moins grande quantité ainsi que des caroténoïdes.

Les vertus de l’ortie :

  • Cette plante est recherchée avant tout pour son action diurétique : c’est un dépuratif naturel qui trouve toute sa place notamment en cas d’eczéma et d’arthrite, du à un dysfonctionnement des reins ou à de la rétention d’eau.
  • De par son côté astringent, du à la présence de cholorophylle et de tanins, l’ortie trouve toute sa place en cas de saignements de nez ou de plaies à cicatriser, tout en ayant une action sur les menstruations trop abondantes, en réduisant leur flux.
  • En cas de rhumes des foins, d’asthme, l’ortie apporte un soulagement.
  • Son jus est efficace pour soulager justement les piqûres d’orties, tout comme les démangeaisons en général.
  • Les feuilles de l’ortie combattent l’anémie, de par la richesse de sa composition en minéraux et peuvent stimuler la montée de lait : c’est une plante reminéralisante par excellence.
  • La racine trouve son utilité afin de combattre l’hypertrophie de la prostate.
  • L’ortie peut être utilisée pour tout dérèglement endocrinien de part ses propriétés adaptogènes et toniques sur les surrénales : c’est la plante idéale pour aider à régulariser le métabolisme et à diminuer les effets nocifs du stress.

Les parties de l’ortie utilisées :

  • Les parties aériennes, qu’elles soient sèches ou fraîches sont très recherchées, du fait de la forte concentration d’éléments nutritifs. Elles sont consommées comme toniques et intégrées dans bon nombre de préparations médicinales : onguent, infusion à raison de 200 ml pour un effet fortifiant ou tout simplement en soupe.
  • Les racines, utilisables aussi bien fraîches ou séchées, peuvent être bues sous forme de décoction, en cas d’hypertrophie de la prostate, à raison d’une tasse par jour : les phytostérols qu’elle contient permettraient d’inhiber la 5 alpha-réductase, une enzyme impliquée dans l’activation des facteurs de croissance qui stimulent la prolifération cellulaire.
  • La teinture-mère permet de soigner les rhumes de foin, à raison d’une cuillère à café diluée dans 100 ml, 2 fois par jour. Sous forme de gélules dosée à 100 mg, l’ortie régularise les flux menstruels. 
  • L’ortie connait de nombreuses espèces, dont l’ortie brûlante, Urtica urens, très utilisée en homéopathie, avec des vertus similaires à sa grande sœur.

* Cetinus E, Kilinc M, Inanc F, Kurutas EB, Buzkan N, The role of urtica dioica (urticaceae) in the prevention of oxidative stress caused by tourniquet application in rats, 2005, Japon
** Riehemann K, Behnke B, Schulze-Osthoff K. , Plant extracts from stinging nettle (Urtica dioica), an antirheumatic remedy, inhibit the proinflammatory transcription factor NF-kappaB. 1999, université de Tubingen