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Mandragore

mandragore

La mandragore ou Mandragora officinarum, dans sa version latine, est une plante vivace à forte odeur appartenant à la grande famille des Solanacées. Originaire de l’Europe méditerranéenne, la mandragore se complaît dans le lit des rivières à sec. Cette plante, en raison de la forme humaine de ses racines, rappelant quelque peu la silhouette d’un homme (bras, jambes, sexe), s’est vue attribuer les noms d’homonculus et d’anthropomorphon et inspira bon nombre de légendes, d’où une réputation assez sinistre. Ses racines constituent les parties les plus recherchées en phytothérapie, même si leur utilisation reste de nos jours soumises à des restrictions dans bon nombre de pays.

L’histoire de la mandragore :

  • Selon une légende, la racine de mandragore émettait, lorsqu’on la déterrait, un cri si puissant qu’il pouvait faire périr quiconque tentait de cueillir la plante. Cette plante servit de talisman pendant des millénaires, notamment pour favoriser la fertilité des femmes et repousser le mauvais sort. Au Moyen Âge, les sorcières avaient recours à un onguent à base de mandragore, afin de pouvoir entrer en transe.
  •  La plante était également utilisée par les guérisseuses, notamment pour faciliter les accouchements, ainsi qu’en cas de morsures de vipère. Le baume tranquille, créé en 1680 par un cordonnier, afin de soulager les rhumatismes, comportait en plus de la belladone, de la jusquiame et de la stramoine, de la mandragore.
  • Présente dans le codex jusqu’en 1949, son utilisation sera remise au goût du jour avec l’élan de la médecine anthroposophique : elle fait partie des constituants d’une pommade contre les douleurs musculaires ainsi que d’une dilution homéopathique ( Rheumadoron).

Que contient la mandragore ?

  • La plante est riche en alcaloïdes psychotropes, localisés au niveau de sa racine, à hauteur de 0,4 % : des alcaloïdes dits tropaniques, le tropanol ou le scopanol (scopoline), de l’atropine, surtout présente dans la racine durant la floraison, de l’hyoscyamine, de la scopolamine ainsi que des calystégines, plus concentrés dans les feuilles que dans les racines.
  • La mandragorine y est également présente : un autre composé alcaloïde présent chez d’autres solanacées (daturas, belladone) ainsi que dans la feuille de coca.
  • La présence de butyrate d’éthyle lui confère une légère odeur d’ananas, l’hexanol, celui de son arôme herbacé.

Les utilisations de la mandragore :

  • Avant tout, l’atropine, la scopolamine, l’un des premiers sérums de vérité, et surtout l’hyosciamine , peuvent être à l’origine d’une intoxication mortelle.
  • Les principes actifs de cette plante pouvant aisément traverser la peau et donc passer dans la circulation sanguine, la mandragore est reconnue pour ses effets hallucinogènes, tels que mydriase et surtout des hallucinations, débouchant sur des narcoses.
  • Bien que peu utilisée de nos jours, la mandragore peut être parfois prescrite sous forme de cataplasmes ou d’emplâtre, afin de soigner les douleurs rhumatismales et arthritiques.

Les parties utilisées de la plante :

  • Le suc peut être extrait de la tige, des feuilles ou du fruit ; la racine, débitée en rondelles et présentée sous forme d’alcoolat dans du vin de miel.
  • Ses baies jaunes ou rouges, une fois arrivés à maturité, sont des fruits juteux, tout à fait comestibles, mais à consommer en quantité modérée.

Les différentes variétés de mandragore :

En dehors de la variété officinale (M. officinarum L.), la mandragore croît également sur le versant sino-himalayenne,M. caulescens, une mandragore très localisée dans le Turkménistan Mandragora turcomanica, venant compléter le tableau.

Les précautions liées à la mandragore :

La mandragore reste avant tout une plante toxique, dont tout usage interne est fortement proscrit : son utilisation ne doit se faire que sou contrôle médical.