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La garance dite voyageuse, de son nom latin Rubia tinctorium, est une plante vivace persistante, de la famille des Rubiacées, rampante ou grimpante, aux longues racines rouge orangé.

La garance dite voyageuse, de son nom latin Rubia tinctorium, est une plante vivace persistante, de la famille des Rubiacées, rampante ou grimpante, aux longues racines rouge orangé.

La garance dite voyageuse, de son nom latin Rubia tinctorium, est une plante vivace persistante, de la famille des Rubiacées, rampante ou grimpante, aux longues racines rouge orangé. Sa tige comporte des aiguillons crochus tournés vers le haut, ceux-là même qui lui permettent de s’accrocher. Ses feuilles ovales, à dents crochues sur les bords s’accompagnent de petites fleurs jaune vif groupées en cymes dès le mois de juillet, suivies ensuite de jolies baies rondes et noires à souhait. Sa teinture extraite de sa racine de plus de 3 ans délivre une couleur variant entre le rouge et le brun.

L’habitat préféré de la garance:

Cette plante a pour terrain de prédilection les bords de chemin, les haies et les friches, avec une préférence pour les expositions mi-ombre. Très présente en Europe méridionale ainsi qu’en Asie, il n’est pas rare de la rencontrer sur les gaillets dans les pays du Nord ou en Allemagne où elle est cultivée, tout comme dans les régions du Poitou Charente. Elle demeure toutefois à l’état sauvage une plante protégée dans l’Ouest de la France.

L’histoire de la garance :

Sa couleur particulièrement recherchée fut déjà décrite dès la plus haute Antiquité, notamment en Inde mais aussi en Egypte. Les Romains perdurèrent son utilisation e tant que peinture mais aussi teinture. Durant le Moyen-âge, bon nombre de garancières virent le jour, assurant ainsi une production à plus grande échelle en tant que teinture. Au cours du 18 ème siècle, un chirurgien anglais,le Dr Belchior, ouvrit la piste d’un usage possible de la garance en tant qu’outil médical : les animaux qui consommaient de la garance présentaient une coloration rouge de leurs os, un moyen avant l’avènement des outils d’exploration scientifique de comprendre comment augmenter la croissance des os. Deux chercheurs Julian et Roquet, de la région du Lubéron, mirent au point la fleur de garance, obtenue par fermentation alcoolique de la poudre de racine, conférant ainsi à la plante des propriétés supérieures à la racine « brute » mais l’essor de la chimie de synthèse, avec la découverte de l’alizarine, notamment, mit fin au projet.

L’usage en teinture de la garance :

  • Les racines, âgées d’au moins 3 ans, et récoltées en automne, sont brossées, séchées puis réduites en poudre ou fragments. Ses couleurs variant entre le rouge, si aucun additif est utilisé ou brun, par adjonction de fer, proviennent de l’alizarine, une anthraquinone, contenue dans la racine.
  • La teinture en un seul bain demeure celle qui est la plus appliquée, avec une macération des racines hachées au moins pendant 12 heures L’eau de macération doit être ensuite maintenue sous la température d’ébullition pendant au moins 3 heures sous peine sinon d’obtenir une teinture qui vire au brun puis mise à refroidir. Une fois le bain filtré, il reste nécessaire avec la garance de laisser les racines dans un sac pour la teinture des fibres.
  • La garance voyageuse délivrera alors de couleurs rose saumon à reflets violacés pouvant aller jusqu’aux rouges orangés, voir même vifs ( après plusieurs bains) sur des laines mordancées.
  • Le mordant requis, un élément essentiel afin de fixer le colorant de n’importe quelle plante restent, en ce qui concerne la garance l’alun et le tartre.