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Henné

Henné - la médecine ayurvédique le préconise notamment contre les maladies de peau, les brûlures et par voie interne, pour se débarrasser du ténia

Le henné, de son nom scientifique Lawsonia inermis, fait partie de la famille des Lythracées, un arbuste épineux qui croît à l’état naturel essentiellement dans les régions tropicales et subtropicales d’Afrique et d’Asie du Sud, bien que l’objet désormais d’une culture intensive.

Connu dans le bassin méditerranéen depuis au moins trois mille ans, le henné fut un colorant déjà manié par les Egyptiens pour orner les bas-reliefs du temple de la reine Hatchepsout ainsi que pour teindre les ongles de certaines momies.

Parfois appelé mehndi, mendhi, anella ou hinna’, le henné permet plusieurs utilisations dont la teinte de tissus mais également des cheveux, de certaines parties de l’épiderme ainsi qu’en médecine ayurvédique pour les bienfaits sur la santé qu’il procure.

Que renferme le henné ?

Les colorants contenus surtout dans ses feuilles, une fois réduites en poudre, contiennent une molécule particulière, la 2-hydroxy-1,4-naphthoquinone,dite lawsone, du nom scientifique de l’arbuste. Délivrant tout à la fois des teintes rouges, jaunes et orangées, le henné contient des molécules apparentées à celles que renferme le noyer.

Le henné en teinture :

  • Les feuilles séchées sont pulvérisées et diluées dans de l’eau tiède, la fibre à teindre devant être du même poids que les feuilles utilisées : le bain doit ensuite être maintenu pendant environ une heure à 90°C.
  • La laine constitue la matière qui « prend » réellement la teinture, en délivrant des teintes allant du brun au fauve. Par recours au mordançage au fer, les couleurs ont tendance à foncer mais également à ternir, virant entre le grisâtre et le verdâtre.
  • Associé au cuivre, les couleurs ternissent sans foncer, les teintes verdâtres tirant vers la couleur moutarde. Sans recours à l’alun, les couleurs obtenues sont plus orangées, brunes, avec des notes moins puissantes de jaune.

Une plante tinctoriale mais pas seulement :

  • Le henné, mélangé au savon noir, permet d’adoucir la peau tout en la nettoyant.
  • Les feuilles réduites en poudre, et humectées à consistance d’une pâte, sont utilisées pour teindre les cheveux en roux.
  • Ses fleurs en longues grappes, une fois extraites, délivrent un parfum des plus puissants particulièrement apprécié au Proche Orient ainsi que dans les pays du Maghreb.
  • Le henné, riche en tanin et en quinones, protège efficacement la peau contre les rudes conditions des climats chauds.
  • La feuille une fois pilée et tamisée présente des effets antimicrobiens, antifongiques, bactériostatiques et antispasmodiques : la médecine ayurvédique le préconise notamment contre les maladies de peau, les brûlures et par voie interne, pour se débarrasser du ténia.
  • En maroquinerie, le henné permit de teindre le bois blanc en acajou ainsi qu’à teindre les cuirs et peaux et pourrait peut être même devenir une alternative face aux colorants toxiques, incluant des métaux lourds, lesdites molécules tant incriminées et décriées de nos jours.
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Arbre de Judée, ou gainier commun

Arbre de Judée, ou gainier commun

L’Arbre de Judée, ou gainier commun, de son nom latin Cercis siliquastrum, fait partie de la famille des Fabacées.

Originaire du sud de l’Europe et de l’ouest de l’Asie, ses feuilles ainsi que ses rameaux délivrent des couleurs utilisées pour teindre depuis plusieurs siècles.

Un peu d’histoire :

Selon la légende, cet arbre aurait été celui de la potence de Judas, après qu’il eut trahi Jésus Christ. Plus près de nous, le maître teinturier Dambourney en a étudié ses propriétés tinctoriales, permettant ainsi de nommer Nankin sa couleur jaune prononcée typique. Les bourgeons de cet arbre possèdent des propriétés de fluidifiant sanguin, utilisés de tout temps pour soigner également les nausées, vomissements ainsi qu’en cas de dysenterie.

L’arbre de Judée et ses pigments :

  • Les feuilles et le jeunes rameaux, récoltés au printemps, peuvent être ensuite utilisés frais ou séchés : ils contiennent des flavonols, appartenant à la grande famille des flavonoïdes, des substances au demeurant très colorantes.
  • A l’aide d’un mordant à base d’alun et de tartre, ces parties, sans ajout d’additifs, délivrent une couleur jaune citron ou verte, si l’on y adjoint du cuivre.
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Garance dite voyageuse

La garance dite voyageuse, de son nom latin Rubia tinctorium, est une plante vivace persistante, de la famille des Rubiacées, rampante ou grimpante, aux longues racines rouge orangé.

La garance dite voyageuse, de son nom latin Rubia tinctorium, est une plante vivace persistante, de la famille des Rubiacées, rampante ou grimpante, aux longues racines rouge orangé. Sa tige comporte des aiguillons crochus tournés vers le haut, ceux-là même qui lui permettent de s’accrocher. Ses feuilles ovales, à dents crochues sur les bords s’accompagnent de petites fleurs jaune vif groupées en cymes dès le mois de juillet, suivies ensuite de jolies baies rondes et noires à souhait. Sa teinture extraite de sa racine de plus de 3 ans délivre une couleur variant entre le rouge et le brun.

L’habitat préféré de la garance:

Cette plante a pour terrain de prédilection les bords de chemin, les haies et les friches, avec une préférence pour les expositions mi-ombre. Très présente en Europe méridionale ainsi qu’en Asie, il n’est pas rare de la rencontrer sur les gaillets dans les pays du Nord ou en Allemagne où elle est cultivée, tout comme dans les régions du Poitou Charente. Elle demeure toutefois à l’état sauvage une plante protégée dans l’Ouest de la France.

L’histoire de la garance :

Sa couleur particulièrement recherchée fut déjà décrite dès la plus haute Antiquité, notamment en Inde mais aussi en Egypte. Les Romains perdurèrent son utilisation en tant que peinture mais aussi teinture. Durant le Moyen-âge, bon nombre de garancières virent le jour, assurant ainsi une production à plus grande échelle en tant que teinture. Au cours du 18 ème siècle, un chirurgien anglais,le Dr Belchior, ouvrit la piste d’un usage possible de la garance en tant qu’outil médical : les animaux qui consommaient de la garance présentaient une coloration rouge de leurs os, un moyen avant l’avènement des outils d’exploration scientifique de comprendre comment augmenter la croissance des os. Deux chercheurs Julian et Roquet, de la région du Lubéron, mirent au point la fleur de garance, obtenue par fermentation alcoolique de la poudre de racine, conférant ainsi à la plante des propriétés supérieures à la racine « brute » mais l’essor de la chimie de synthèse, avec la découverte de l’alizarine, notamment, mit fin au projet.

L’usage en teinture de la garance :

  • Les racines, âgées d’au moins 3 ans, et récoltées en automne, sont brossées, séchées puis réduites en poudre ou fragments. Ses couleurs variant entre le rouge, si aucun additif est utilisé ou brun, par adjonction de fer, proviennent de l’alizarine, une anthraquinone, contenue dans la racine.
  • La teinture en un seul bain demeure celle qui est la plus appliquée, avec une macération des racines hachées au moins pendant 12 heures L’eau de macération doit être ensuite maintenue sous la température d’ébullition pendant au moins 3 heures sous peine sinon d’obtenir une teinture qui vire au brun puis mise à refroidir. Une fois le bain filtré, il reste nécessaire avec la garance de laisser les racines dans un sac pour la teinture des fibres.
  • La garance voyageuse délivrera alors de couleurs rose saumon à reflets violacés pouvant aller jusqu’aux rouges orangés, voir même vifs ( après plusieurs bains) sur des laines mordancées.
  • Le mordant requis, un élément essentiel afin de fixer le colorant de n’importe quelle plante restent, en ce qui concerne la garance l’alun et le tartre.
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Bien connu pour ses vertus en nutrition, l’airelle myrtille trouve toute sa place en matière de plantes tinctoriales à travers ses baies d’un bleu intense

Bien connu pour ses vertus en nutrition, l'airelle myrtille trouve toute sa place en matière de plantes tinctoriales à travers ses baies d'un bleu intense

De son nom plus scientifique Vaccinium myrtillus L., l’airelle myrtille fait partie de la famille des Ericacées. Bien connu pour ses vertus en nutrition, cet arbrisseau trouve toute sa place en matière de plantes tinctoriales à travers ses baies d’un bleu intense.

L’histoire de la myrtille :

Certainement connues depuis le temps du néolitique, les myrtilles furent de tout temps utilisées comme base de teinture naturelle. Leurs couleurs à l’origine des nuances violettes, bleu ou furent utilisées en support de teinture déjà à l’Antiquité ainsi que pendant la période gauloise ou pendant l’ère médiévale.

Ses lieux de prédilection :

Très présente dans les fourrés des sous-bois, la myrtille se complaît tout aussi bien dans les régions montagneuses que dans les landes ou les tourbières. Ses terrains favoris restent avant tout les sols siliceux et acides, peu importe par contre qu’ils soient secs ou humides. La myrtille, très rare en région méditerranéenne, a élu préférentiellement domicile dans les massifs montagneux ainsi que dans les forêts de Bretagne et des Ardennes bien qu’ elle se retrouve désormais jusqu’à l’extrême Nord de l’Europe.

La myrtille en teinture :

  • Les baies fraîches, récoltées à la fin de l’été, nécessitent tout d’abord de macérer plusieurs jours avant de n’envisager un quelconque usage en teinture : 3 jours minimum de macération sont nécessaires, avec ajout ou pas d’un ou 2 verres de vinaigre pour 5 litres de jus.
  • Après filtrage du jus, les baies sont alors enfermées dans un sac en mousseline puis malaxées pour exprimer de nouveau un jus, de couleur bleu profond, du à la présence d’anthocyanes au sein des fruits. Avec l’ajout d’alun et de tartre, le liquide obtenu pourra ensuite délivrer une couleur qui peut aller du bleu, si l’on y adjoint de la lessive de cendres, au bleu-gris, avec le fer comme additif ou d’un mauve violet, utilisé à l’état brut.
  • Une fois les fibres placées dans un grand récipient, il convient d’allonger le bain avec de l’eau, en veillant à y placer le sac de baies écrasées puis à mettre à chauffer le tout en dessous de l’ébullition pendant 1heure 30.
  • Il convient ensuite de laisser le tout tiédir, une fois le feu éteint puis de rincer et de sécher les fibres : le bleu de la myrtille s’obtient plus facilement sur un tissu en lin , la laine délivrant plutôt des nuances violacées.
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Croissant facilement sur des sols pauvres et siliceux, l’ajonc résiste bien au vent ainsi qu’aux embruns…

L’ajonc, de son nom latin Ulex europaeus L., fait partie de la famille des Fabacées. Croissant facilement sur des sols pauvres et siliceux, l’ajonc résiste bien au vent ainsi qu’aux embruns. Cet arbuste épineux et buissonnant porte de nombreuses fleurs au moment du printemps, reconnaissables à leurs corolles jaune d’or papilionacée, offrant ainsi matière pour teinter bon nombre de tissus.

L’histoire de l’ajonc

Employé en teinture depuis d’Ecosse jusqu’au Maghreb, les ajoncs, dans leur version plus sauvage, ont de tout temps été recherchés en teinture pour leurs colorants jaunes.

L’ajonc en teinture

  • De cet arbrisseau vont être récoltées les jeunes pousses ainsi que ses fleurs pendant la période de floraison.
  • Conservées tout aussi bien fraîches ou sèches, ces parties bien spécifiques trouvent un usage dans le domaine tinctoriale de par les différents colorants qu’elles délivrent : des flavonols, des chalcones, des isoflavones ( génistine)ainsi que des caroténoïdes.

La préparation tinctoriale

En utilisant comme mordant l’alun ainsi que le tartre, les jeunes pousses et fleurs vont ensuite délivrer une couleur jaune, si aucun additif n’a été rajouté à la préparation ou un vert vif, en cas de recours au cuivre.

D’autres variétés d’ajonc

  • Le calitome velu, de son nom latin Calicotome villosa, est un arbuste croissant dans le maquis, tout aussi épineux que son cousin Ulex europaeus L. ,qui fournit quant à lui une couleur vert tendre dans le domaine tinctorial.
  • L’Ulex parviflorus Pourr. ,propre à l’espace méditerranéen, peut également s’employer en teinture.
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Callune, une plante tinctoriale à part entière

calluna bruyère commune

De son nom Calluna, qui signifie en grec « balayer » (callunein), la callune ou bruyère commune est un sous-arbrisseau de la famille des Ericacées. Très répandue en Asie, en Europe, la calluna vulgaris croît préférentiellement dans les landes, les bois, les lisières seulement si les terrains sont acides. Utilisée en phytothérapie depuis la nuit des temps pour calmer crises de cystites et coliques néphrétiques, la callune constitue une plante tinctoriale à part entière.

Un peu d’histoire :

La teinture jaune obtenue avec les rameaux fleuris était jadis utilisée en Ecosse, afin de colorer les étoffes de laines à grands carreaux que sont les tartans, plus connus sous le nom de kilts.

La callune en teinture :

  • Cette plante présente des vertus tinctoriales, de par la présence de flavonoïdes dont des flavonols ( quercitrine) ainsi que des tanins.
  • La meilleure période de récolte se situant juste avant l’épanouissement des fleurs, les couleurs obtenus suivant l’additif utilisé permettent d’obtenir des palettes de couleurs allant du jaune au vert.
  • Sans aucun ajout d’additif, les rameaux délivrent une teinte pouvant aller du jaune doré au roux. Associé à du cuivre, le jaune se transforme en vert kaki et au vert bronze si le fer est alors utilisé comme autre additif.
  • Les fleurs seules, détachées des rameaux délivrent une couleur jaune vive si l’on procède par la méthode dite des deux bains.

Le procédé de teinture:

  • A partir des fleurs, tout comme des rameaux frais ou séchés, il convient de hacher le tout et de le laisser macérer dans un volume d’eau conséquent pendant au moins une demie journée.
  • Puis verser les plantes et le jus macéré dans une marmite et la faire chauffer pendant une heure. Porté à ébullition brièvement, le bain devra être ensuite refroidi puis filtré avant d’être utilisé pour la teinture proprement dite.
  • Pour la teinture proprement dite, les fibres préalablement mouillées et essorées sont mises à chauffer entre 1heure à 1heure 30 dans le bain, additionné de 10% d’alun, par rapport au poids de fibres à teindre, ceci afin de fixer les couleurs.
  • Laisser refroidir les fibres dans le bain puis les sortir, les rincer et sécher le tout : les fibres sont prêtes à être utilisées.

Une confusion possible entre bruyères :

  • La bruyère commune peut être confondue avec la Bruyère cendrée (Erica cinera L.) qui présente quant à elle peu d’intérêt d’un point de vue tinctoriale.
  • Pour bien la distinguer de sa cousine, les fleurs de Calluna vulgaris possèdent 4 pétales situées en grappes aux extrémités des rameaux ainsi que des feuilles disposées sur 4 rangs.