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Camomille

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La camomille de la famille des astéracées reste la plante la plus utilisée en phytothérapie avec deux variétés particulièrement prisées, qui diffèrent peu d’un point de vue thérapeutique, qu’il s’agisse de la camomille romaine (Anthemis nobilis) ou de la camomille allemande (matricaria recutita), même si cette dernière reste sa version la plus étayée en matière de recherches à ce jour.

La camomille vraie qui se fait parfois appeler camomille allemande ou camomille tronquée, voir matricaire est bien connue des amateurs d’infusion , de par sa saveur assez proche de celui de la pomme : plus d’un million de tasses de camomille sont bues chaque jour sur le globe. Ses innombrables vertus médicinales expliquent son utilisation en usage interne pour diminuer les spasmes et les problèmes digestifs en général, son usage externe étant attribué à ses côtés désinfectants et cicatrisants. La camomille, bien que native d’Europe, pousse désormais sur tous les continents avec une floraison couvrant toute la période estivale sous nos hémisphères, ses capitaux floraux constituant la partie la plus recherchée de la plante. La camomille tient une place toute privilégiée dans la pharmacopée puisqu’elle y est intégrée dans 26 pays.

Les parties utilisées de la camomille:

  • Les fleurs ou ses capitules floraux constituent les parties les plus utilisées, sous forme séchée, en général avec plusieurs formes galéniques : tisane, teinture-mère, huile essentielle et comprimés.
  • L’usage croissant de cette plante tient à au fait qu’elle contient plus d’une centaine de composés incluant des terpénoïdes et des flavonoïdes : anthémidine, lutéoline, rutine y sont présents ainsi que de l’apigénine, molécule active qui a donné lieu d’ailleurs à de nombreuses recherches. Elle renferme également de la matricine, des coumarines, des tanins, de l’acide valérique et des salicilates, aux vertus anti-inflammatoires : la camomille constitue une véritable pharmacopée à elle seule.

Comment bien utiliser de la camomille ?

  • En interne, la camomille, prise sous forme d’infusion, permet d’agir sur bon nombre de problèmes digestifs liés notamment à une production importante d’acide, pouvant être à l’origine d’ulcères, Des essais in vitro auraient démontrés que cette plante peut contrer la prolifération de la bactérie Helicobacter pylori la responsable de la formation de bon nombre d’ulcères gastriques.
  • Certaines irritations des muqueuses gastriques trouvent un soulagement par simple prise d’infusions de camomille, les fleurs de camomille renfermant environ 10 % de mucilages, des substances connues pour leurs vertus émollientes.
  • Les épisodes de nausées et de vomissements se trouvent espacés, les symptômes liés aux gastro-entérites diminués ainsi que les douleurs coliques particulièrement fréquentes chez le nourrisson : il suffit de faire infuser 1 cuillère à soupe de fleurs séchées dans 150 ml d’eau bouillante pendant dix minutes puis de boire la potion trois à quatre fois par jour. Les mêmes résultats peuvent être obtenus également en buvant 5 ml à 15 ml de teinture-mère de camomille, ce, trois fois par jour.
  • Cette plante a d’autre part la capacité à réguler certains troubles du sommeil, liés à une nervosité ou un à terrain par trop anxieux : elle agit comme certains somnifères de façon plus légère mais aussi plus naturelle, les effets secondaires en moins : pour cette indication, il est préférable d’utiliser une dose importante de camomille, à savoir 3 cuillerées à soupe de capitules séchées, mises à infuser dans 150 ml d’eau bouillante puis de recouvrir d’un couvercle pendant 10 minutes. Les effets légèrement calmants et sédatifs de la plante pourraient être dus à la présence d’apigénine, molécule qui n’a pas encore délivré tous ses secrets à ce jour. Toujours est-il que l’organisation mondiale de la santé reconnaît l’usage de la camomille pour soulager l’agitation nerveuse, de même que l’insomnie mineure qui l’accompagne souvent.
  • De par son action modulatrice sur la libération d’histamine, la camomille semble toute indiquée en cas de rhumes des foins. Une précaution toutefois en ce qui concerne la camomille, consommée fraîche : elle peut provoquer des réactions cutanées.
  • La camomille, en usage externe, permet de réguler des problèmes de peau sèche, et contribuer à calmer en cas d’eczéma ou de psoriasis. Elle peut favoriser la cicatrisation et contribuer à désinfecter les plaies. Utilisée en huile essentielle, sous forme de pommade ou en simple compresse, cette plante permet de traiter les inflammations et les irritations de la peau et des muqueuses. Pour réaliser des compresses à base de camomille, rien de plus simple : il suffit d’infuser 10 g de fleurs séchées dans 100 ml d’eau bouillante puis de laisser refroidir le tout. 5 ml de teinture ou 1 ml d’extrait fluide dilué dans 100 ml d’eau tiède apporteront les mêmes soulagements. Une préparation d’huile essentielle de camomille diluée à 5% dans une base d’huile végétale neutre réduit l’eczéma atopique, calmant ainsi l’érythème fessier chez du nourrisson.
  • Une solution liquide de camomille vraie, en bains de siège, permet de soulager en cas d’hémorroïdes, à raison de 5 grammes de fleurs séchées mises à infuser dans 1 litre d’eau bouillante.
  • En cas d’inflammation des voies respiratoires, l’inhalation reste la forme la plus efficace pour soulager rapidement : infuser alors 3 grammes de fleurs dans 150 ml d’eau bouillante pendant cinq à dix minutes puis inhaler les vapeurs lorsque la préparation est encore chaude.
  • La camomille contient une molécule, l’apigénine, qui pourrait empêcher la progression des cellules cancéreuses, de par sa liaison à plus de 160 protéines, entraînant ainsi un arrêt ou tout du moins une diminution de la division cellulaire tumorale. Cette propriété publiée par de chercheurs américains* en mai 2013 ouvre de nouvelles perspectives quant au traitement de certains cancers, même si d’autres publications sont nécessaires pour confirmer les éventuelles propriétés anticancéreuses de la camomille.
  • En cosmétique, la camomille a su acquérir ses lettres de noblesse , au niveau capillaire, en s’imposant comme remède pour blondir les cheveux et comme soin capillaire en général.

Les contre-indications liées à la prise de camomille :

  • Les personnes sensibles ou allergiques aux plantes de la famille des astéracées ( souci, arnica, achillée mille-feuille..) doivent s’abstenir de consommer la camomille, quelque soit la forme galénique choisie.
  • Les personnes allergiques à l’armoise commune et à l’ambroisie sont plus à risque de faire une allergie croisée à la camomille allemande.
  • En cas de prise de médicaments aux vertus sédatives comme les benzodiazépines, la morphine ou le zolpidem, son léger effet calmant pourrait augmenter la sédation : en cas de doute, n’hésitez pas à demander conseil à votre médecin ou votre phytothérapeute.
  • L’huile essentielle de camomille ne doit servir en usage interne que sur avis médical et son utilisation par voie externe est déconseillée chez la femme enceinte.

* Khayyal MT, Seif-El-Nasr M, et al. Mechanisms involved in the gastro-protective effect of STW 5 (Iberogast) and its components against ulcers and rebound acidity. Phytomedicine. 2006;13 Suppl 5:56-66.
Shikov AN, Pozharitskaya ON, et al. Antibacterial activity of Chamomilla recutita oil extract against Helicobacter pylori. Phytother Res. 2008 Feb;22(2):252-3.
Weizman Z, Alkrinawi S, et al. Efficacy of herbal tea preparation in infantile colic.J Pediatr. 1993 Apr;122(4):650-2.
**** l’Université de l’état de l’Ohio (Ohio State University) -Proceedings of the National Academy of Sciences