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Bétel

Bétel

Le bétel, plus scientifiquement connu sous le nom de Piper betle, est une plante grimpante, de la famille des poivres aux jolies feuilles en forme de cœur et aux petites fleurs jaunes-vertes.

Ses feuilles, mais aussi sa racine et ses fruits possèdent des propriétés médicinales psychostimulantes et tonifiantes, très appréciées dans les pays asiatiques ainsi que dans les Caraïbes et à Madagascar, là même où se trouvent la majorité des ses cultures. Les feuilles récoltées toute l’année sont ensuite mises à sécher pour être utilisées en extrait ou tout simplement entières.


L’histoire de l’utilisation du bétel:

  • Des squelettes datant de 3000 av. J.-C. découverts dans le caveau de Duyong aux Philippines ont apporté la preuve de la mastication de bétel, confirmée par des textes indiens datant de 504 av. J.-C. Bien que l’utilisation du bétel tire vraisemblablement son origine des archipels d’Asie du Sud-Est, sa chique, sa forme la plus couramment utilisée et qui peut revêtir un caractère sacré dans de nombreuses cultures a peu à peu envahie le Vietnam puis la Thaïlande, avant d’atteindre l’Inde par la suite.
  • Les feuilles de bétel mastiquées sont le plus souvent roulées autour d’une noix d’arec ( Areca catechu) et d’un morceau de lime ( Citrus aurantifolia), couplé à de la chaux éteinte (hydroxyde de calcium), avec l’ajout possible de tabac, d’épices et d’autres ingrédients complémentaires : Paan ou tambuki paan, tels sont les noms rencontrés en Inde pour désigner la chique à base de bétel.

Que renferment les parties utilisées du bétel ?

Les feuilles, utilisées soit telles qu’elles, en infusions, en onguents ou en inhalations, renferment avant tout une huile essentielle, riche en cadinène, chavicol, cinéol et chavibétol, cette dernière molécule pouvant atteindre jusqu’à 70% de la composition des principes actifs totaux suivant son lieu de culture.

Les vertus et effets médicinaux du bétel :

  • Le bétel a des propriétés psychostimulantes et tonifiantes, reconnues depuis fort longtemps, grâce à l’usage de la chique de bétel,sous forme de feuilles mâchées.
  • Ses feuilles ont également des effets antiseptiques, anti-inflammatoires et permettent de lutter contre les ulcères, de par ses vertus cicatrisantes reconnues.
  • Elles agissent sur le système digestif, en stimulant notamment la sécrétion salivaire, en réduisant les flatulences et en éliminant les vers de par leurs vertus antiseptiques. En infusions, elles calment les indigestions ou permettent de lutter contre une constipation passagère.
  • En inhalations, les feuilles de bétel peuvent apaiser certains maux de tête, surtout ceux d’origine digestive, voir également participer au traitement des migraines.
  • En Chine, la racine, les feuilles et les fruits sont parfois utilisés comme tonique léger ainsi que pour améliorer le fonctionnement de l’estomac.
  • La racine du bétel peut être parfois associée dans certains pays asiatiques au poivrier commun (Piper nigrum) ou à la liane réglisse ( Abrus precatorius) afin de provoquer la stérilité chez la femme, ses feuilles favorisant la lactation.
  • De par ses vertus anti-inflammatoires, les feuilles de bétel estompent les douleurs dues à l’arthrite ou aux rhumatismes.

Noix et bétel à ne pas confondre :

  • Petite graine de l’aréquier, un palmier que l’on trouve majoritairement en Inde et en Malaisie, la noix de Bétel, Areca catechu, est plus communément appelée noix d’Arec. Elle est alors consommée sous forme d’une préparation à mâcher avec la feuille de bétel.
  • La salive rouge vif caractéristique qui accompagne la mastication de chique de bétel est le produit de l’arécoline, un alcaloïde présent dans la noix d’arec et non dans les feuilles de bétel. Cette substance est prisée pour son pouvoir de réduction du stress et de la sensation de faim ainsi que d’élévation de la conscience dans le domaine spirituel.
  • Bien que présente dans certains cachous, la consommation fréquente de noix d’arec peut s’avérer dangereuse du fait de ses risques potentiels à déclencher certains cancers VADS (des voies aérodigestives supérieures) ainsi que des cancers de la bouche chez les fumeurs qui la mâchent.