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Lycopode

Lycopode

Le lycopode, de son nom latin Lycopodium clavatum, est une fougère herbacée de la famille des Lycopodiacées, une plante vivace sans fleurs, parfois appelée aussi soufre végétal, herbe aux massues ou patte de loup. Récolté en été, le lycopode se complaît dans les régions tempérées ainsi que les zones montagneuses et marécageuses de l’hémisphère nord.

L’histoire du lycopode :

  • Durant le Moyen-âge, le lycopode fut utilisé en herboristerie pour ses propriétés diurétiques, ceci afin d’expulser notamment certains calculs rénaux.
  • Les hampes du lycopode portent des spores jaunes qui, hermétiques à l’humidité, ont servi pendant un temps à enrober les comprimés, tout en faisant le bonheur des artificiers de par leur côté très inflammable, d’où son nom vernaculaire de « soufre végétal « .

Que contient le lycopode ?

De ses parties aériennes (mousse et spores) sont extraits des alcaloïdes, dont la lycopodine et l’huperzine A , leur teneur pouvant atteindre jusqu’à 0,2% des constituants, ainsi que des polyphénols, des flavonoïdes (lutéoline, chrysoériol, apigénine-4′-glucoside) et des triterpènes.

Les propriétés du lycopode :

  • De par ses vertus diurétiques, calmantes et antispasmodiques, le lycopode demeure en phytothérapie, sous forme de teinture-mère ou en granules homéopathiques, très efficace afin de soigner certains troubles urinaires et calmer les douleurs rénales et vésicales.
  • Les spores, appliquées directement sur la peau, permettent de soulager en cas de démangeaisons et de protéger ainsi les zones irritées.
  • Les alcaloïdes, surtout l’huperzine A pourraient être utilisés dans le traitement des myasthénies voir même de venir en aide comme produit naturel utile lors de troubles de la mémoire (Alzheimer), même si à ce jour aucune scientifique n’a pu encore le démontrer de façon certaine.

Les précautions d’emploi du lycopode :

  • De par la présence d’alcaloïdes, le lycopode possède une forte toxicité rénale et hépatique, couplée à une irritation potentielle des muqueuses.
  • Cette plante nécessite d’être utilisée exclusivement sous contrôle médical.
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Gingembre

Gingembre

Le gingembre, zingiber officinalis, est une plante vivace tropicale, originaire d’Asie, de la famille des zingibéracées dont il existe plus d’une centaine d’espèces.

Aujourd’hui, le gingembre est cultivé en Asie mais également sur l’île Maurice ou en Australie. Le mot gingembre vient du sanscrit singabera qui signifie « en forme de corne ». Son rhizome, sa tige souterraine ainsi que ses racines constituent les organes distillés afin d’obtenir une huile essentielle au parfum très marqué.

Que renferme l’huile essentielle de gingembre ?

Les principaux constituants biochimiques de cette huile essentielle s’articulent autour du α-zingibérène, β-sesquiphellandrène, curcumène (sesquiterpènes), camphène, β-phellandrène ( monoterpène ) ainsi que des phénols (gingérols) : toutes ces molécules bienfaitrices lui confèrent ainsi de multiples propriétés.

Les indications de l’huile essentielle de gingembre :

  • Particulièrement intéressante en cas de météorisme, de dyspepsie, de manque d’appétit, de constipation, de coliques, de nausée, de mal des transports. Cette huile est celle à utiliser en priorité en cas de problèmes digestifs de par ses vertus à la fois tonique digestive, stomachique et carminative.
  • En cas d’impuissance, cette huile essentielle est, tout comme la plante, réputée pour être un tonique sexuel et utilisé en tant que tel dans certains pays comme aphrodisiaque.
  • Elle est d’autre part utile pour apaiser les douleurs liées à l’appareil locomoteur, notamment en cas de rhumatismes ou de souffrance musculaire, de par ses vertus antalgiques et chauffantes.
  • Anti-fatigue physique, cette huile essentielle permet également de calmer le mental ainsi que toutes les fatigues nerveuses.
  • Enfin, quelques gouttes d’huile essentielle dans un shampoing ou en lotion peuvent contribuer à diminuer la chute des cheveux : elle constitue un excellent tonique capillaire.

Comment l’utiliser ?

Cette huile doit toujours être diluée toujours dans un peu d’huile végétale pour une application locale, en massage sur le ventre, à hauteur de 2 à 5% : 100 ml de support huileux pour 40 à 70 gouttes d’huile essentielle de gingembre. Per os, il convient de mettre les gouttes sur un support neutre, comme un comprimé ou dans une ½ cuillère à café de miel ou d’huile végétale, afin de ne pas risquer d’irriter certains épithéliums plus fragiles ( phénols).

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Fustet

Fustet

Parfois appelé aussi arbre à perruques, Barbe de Jupiter ou sumac des teinturiers, le fustet est avant tout un mot d’origine arabe signifiant pistache de par la ressemblance de son fruit.

De son nom latin Cotinus Cotyggygria, le fustet fait partie de la famille des Anacardiacées. Cet arbuste buissonnant, très rameux, glabre et aromatique, aux couleurs flamboyantes en automne présente un intérêt en matière de teinture via l’utilisation à la fois de son bois et des ses rameaux feuillus.

Un peu d’histoire :

  • Le fustet fut l’objet de cueillettes intensives dans les ateliers du Comtat, ses feuilles servant à l’époque pour la mégisserie ainsi que pour le tannage des peaux. Sa culture, très répandue au Moyen-âge en Italie, représentait l’une des principales sources de jaune pour la teinture à la fois de la soie et de la laine.
  • Son bois, une fois mis en copeaux, délivrait ses couleurs allant du rouge orangé au jaune déjà sous l’Antiquité. Utilisé également en peinture, comme « petit teint », le fustet fut mentionné dans la grande encyclopédie de Diderot et d’Alembert.

Les colorants du fustet :

  • Le bois du fustet contient des flavonols, notamment de la fisétine ainsi que des aurones, sous forme de sulfurétine ainsi que des tanins. Ses feuilles, quant à elles, sont riches en bon nombre de flavonols : fisétine,myricétine, quercétine, kaempférol.
  • La liste ne s’arrête toutefois pas là puisque les rameaux feuillus délivrent également des anthocyanes ainsi que des tanins, plutôt contenus dans les branches.

L’usage du fustet en teinture :

  • Le bois, une fois réduit en copeaux et en poudre, fournit des teintes allant des jaunes à l’orangé, une fois traité à l’alun et au tartre.
  • Si l’on ajoute un peu de fer en tant qu’additif, les couleurs virent alors du vert olive lorsque la teinture est utilisée sur la laine, le coton et la soie, nuances pouvant atteindre les bruns, voir même le noir.
  • Les rameaux feuillus, quant à eux, qu’ils soient utilisés frais ou secs, permettent d’obtenir exclusivement des teintes jaunes, sans besoin d’additifs.

Une précaution liée au fustet :

Certaines personnes peuvent être allergiques à son feuillage, ce dernier de par ses propriétés toxiques pouvant être redoutablement mortel pour les troupeaux qui paissent. En ce qui concerne les liquides issus du sumac, ils sont connus depuis la nuit des temps comme poisons violents.

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Eucalyptus

Eucalyptus huile essentielle

L’eucalyptus fait partie de la famille des Myrtacées, famille qui ne dénombre pas moins de 3000 espèces d’Eucalyptus.

L’huile essentielle distillée à partir soit de ses feuilles et de ses rameaux, soit des deux,offre une variété de 6 types d’huiles essentielles utilisées en aromathérapie.

Remède aborigène traditionnel, du fait de l’origine australienne de l’arbre, les feuilles séchées, fraîches tout comme leur huile essentielle ont de tout temps été des remèdes précieux afin de traiter les rhumes, les maux de gorge, les toux et autres infections.


Les différentes espèces d’Eucalyptus et ses huiles :

  • L’huile d’eucalyptus, quelque soit l’espèce utilisée, est une huile de couleur jaune pâle, facilement reconnaissable au niveau olfactif de par son odeur forte et fraîche à la fois : sa distillation est obtenue par entrainement à la vapeur.
  • Les huiles essentielles d’Eucalyptus globulus ou radiata sont de loin les huiles d’Eucalyptus les plus utilisées en aromathérapie : le 1,8-cinéole est leur principal constituant biochimique. Ces huiles présentent donc de ce fait des propriétés expectorantes et mucolytiques, ce qui leur confèrent ainsi toute leur place pour traiter les affections des voies respiratoires comme les bronchites, la grippe, les rhino-pharyngites, les laryngites. Elles n’ont pas leur pareil pour calmer les toux les plus tenaces ou permettre de fluidifier des bronches bien encombrées. Leur utilisation au quotidien reste simple : en diffusion dans une pièce pendant 10 minutes, sur un support en verre ou en bois, près d’une source chaleur ; par frictions sur le thorax, la nuque et le dos en mettant 10 gouttes dans l’équivalent d’une cuillère à soupe d’huile végétale ( amande douce, olive) ; ou tout simplement en inhalation en versant 10 gouttes dans un saladier en verre, tête recouverte avec un linge, ce, 3 fois par jours pendant 5 minutes. Du fait de leur spectre large, ces deux huiles présentent un intérêt pour diminuer les dermites bactériennes ou candidosiques : elles possèdent également des vertus antimicrobiennes, antibactériennes et antifongiques.
  • L’huile essentielle d’Eucalyptus smithii possède des constituants chimiques tel que le 1,8-cinéole, mais aussi des monoterpènes ( alpha-pinène, limonène), ce qui lui confère des indications aussi bien dans les problèmes de la sphère ORL mais aussi en cas de cystites ou de vaginites. De plus, cette autre variété d’huile essentielle d’Eucalyptus reste la mieux tolérée par la peau : elle peut donc être appliquée aussi bien pure que diluée.
  • L’huile essentielle d’Eucalyptus Citronné (Eucalyptus citriodora) renferme quant à elle du citronellal ,un aldéhyde terpénique, ses propriétés principales étant donc d’être anti-inflammatoire et antirhumatismale : cette huile est un remarquable antalgique. En cas d’arthrite inflammatoire, de polyarthrite rhumatoïde, d’épicondylite, de rhumatismes ou de tendinites, l’huile essentielle d’Eucalyptus Citronné semble tout indiquée. Il suffit d’en appliquer quelques gouttes sur les régions inflammatoires articulaires douloureuses ou cutanées, tout comme en cas de mycoses, de zona ou de prurit : elle est apaisante pour les dermes irrités. En diffusion atmosphérique, cette huile est parfaite pour éloigner les moustiques, du fait de la présence de citronellal.
  • L’huile essentielle d’Eucalyptus à cryptone (Eucalyptus polybractea cryptonifera), parfois également appelée Eucalyptus cumin, renferme des monoterpènes ( para-cymène) mais aussi du spathulénol, du cryptone ( un cétone) : cette huile essentielle permet de traiter bon nombre d’affections gynécologiques et urinaires d’origine virale tels que les cystites ou les urétrites. Egalement antivirale et antibactérienne, elle peut être diffusée afin de prévenir aussi les troubles ORL. Toutefois, du fait de la présence de cétone, son utilisation est formellement contre-indiquée chez les enfants, les personnes épileptiques ainsi que chez la femme enceinte.
  • L’huile essentielle d’Eucalyptus mentholé(Eucalyptus Piperitoniferum) , riche également en monoterpènes ( alpha-phellandrène) possède la particularité de renfermer de la pipéritone, un cétone puissant aux propriétés diverses. Cette huile, tout en étant anticatarrhale et mucolytique, permet de détruire les graisses, du fait de son action lipolytique. Elle permet de plus de drainer la sphère hépatique et rénale et est assimilée à un diurétique.
    Son usage reste avant tout externe : en frictions localisées suivant le mal( dos, sinus, bas-ventre, oreille),toujours diluée dans au moins 50% d’huile végétale.

De manière générale, mieux vaut utiliser les huiles essentielles d’Eucalyptus en frictions, en diffusion ou en massage, en évitant leur usage en interne. De plus, elles sont à éviter en cas de grossesse, surtout pendant les 3 premiers mois, ainsi que chez les enfants en bas âge.

En cas de doute sur l’utilisation d’une huile essentielle, n’hésitez pas à demander conseil auprès d’un thérapeute confirmé : la prescription d’huiles essentielles par voie orale est réservée exclusivement aux médecins.

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Caroubier

Caroubier - Dans l'Egypte ancienne, les gousses de caroubier constituait un remède naturel pour soigner déjà les diarrhées, mélangées avec de la bouillie d'avoine, du miel et de la cire. Les caroubes figuraient également comme traitement naturel dans les préparations vermifuges, couplées à une action au niveau oculaire, notamment en cas d'infections ainsi que comme plante pour traiter naturellement certains troubles visuels.

Le caroubier, de son nom latin Ceratonia silique , parfois dénommé figuier d’Egypte, pain de Saint Jean-Baptiste ou fève de Pythagore, fait partie de la famille des Fabacées. Cet arbuste à feuilles persistantes, aux fleurs vertes délivre des fruits marron et violet plus connus sous le nom de caroubes, récoltés au début de l’automne.

Originaire du Sud-est de l’Europe ainsi que d’Asie occidentale et d’Afrique du Nord, le caroubier pousse sur des sols pauvres mais nécessite toutefois des climats tempérés. La gomme issue de l’enveloppe des graines ainsi que la farine de caroube, obtenue par torréfaction des gousses sont les parties utilisées en phytothérapie.

Histoire de la caroube

Dans l’Egypte ancienne, les gousses de caroubier constituait un remède naturel pour soigner déjà les diarrhées, mélangées avec de la bouillie d’avoine, du miel et de la cire. Les caroubes figuraient également comme traitement naturel dans les préparations vermifuges, couplées à une action au niveau oculaire, notamment en cas d’infections ainsi que comme plante pour traiter naturellement certains troubles visuels.

Que contient la caroube ?

Le fruit renferme surtout des sucres pouvant atteindre 60% de ses constituants, des tanins, de l’amidon, des protéines et quelques acides gras.

Les effets thérapeutiques de la caroube 

  • Nutritive par excellence, la caroube, consommée fraîche demeure un fruit antianémique par excellence. Consommée sous forme de farine, elle permet de remplacer la farine de blé adjointe dans les laits en poudre : moins d’éléments allergènes avec des teneurs élevées en éléments nutritifs.
  • Les caroubes, sous forme de poudre, présentent avant tout des vertus pour soulager bon nombre de troubles digestifs. La pulpe des fruits, consommée en décoction, est anti-diarrhéique et légèrement purifiante. En cas d’irritation du côlon, les caroubes peuvent soulager de façon naturelle tout comme en cas de reflux gastrique, d’acidité gastrique et de stéatorrhée : 30 grammes de poudre de caroubier, à diluer dans un liquide chaud et à répartir sur 24 heures, au moment des repas.
  • De par la présence de nombreux tanins, la caroube peut inhiber certaines enzymes digestives, contribuant ainsi à offrir une sensation de satiété, tout en assurant un certain volume dans l’estomac, de par sa teneur en fibres et en un sucre, le galactomannane : des fruits alliés pour réguler certains problèmes de surpoids, voir même en cas d’obésité, à prendre sous forme de poudre, une heure avant le repas.
  • De par la présence de polyphénols, surtout concentrés dans sa pulpe, le caroubier présente des vertus anticholestérolémiantes.

Les autres utilisations des caroubes 

  • La pulpe jaune, de par son goût légèrement chocolaté, représente un parfait substitut de cacao, les calories en moins.
  • Les graines de caroube grillées sont utilisées en substitution du café, en confiserie après le broyage des graines ou transformées en sirop
  • Les précautions d’emploi du caroubier :
  • Le caroubier risque de modifier les actions des plantes médicinales qui réduisent le taux de glycémie dans le sang et pourrait également diminuer la réponse glycémique de l’insuline chez les diabétiques.
  • Cette plante médicinale peut augmenter significativement l’effet des statines ou autres médicaments qui diminuent le taux de cholestérol.

Hostettler M, Steffen R, Tschopp A.Efficacy and tolerance of insoluble carob fraction in the treatment of travellers’ diarrhoea.1. J Diarrhoeal Dis Res. 1995 Sep;13(3):155-8
Zunft HJ, Lüder W, Harde A, Haber B, Graubaum HJ, Koebnick C, Grünwald J.Carob pulp preparation rich in insoluble fibre lowers total and LDL cholesterol in hypercholesterolemic patients. Eur J Nutr. 2003 Oct;42(5):235-42

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Bourdaine

bourdaine

La bourdaine, Rhamnus frangula, est un arbuste de la famille des Rhamnacées, à feuilles caduques et qui croît dans les régions européennes ainsi que dans certaines parties du Nord-est des Etats-unis. Ses fleurs blanches, ses petites baies jaunes et noires et surtout son écorce brune ont rendu cet arbuste prisé en phytothérapie.

Que contient la bourdaine ?

L’écorce de sa tige, la plus souvent récoltée à la fin du printemps ou au début de l’été, sur des arbres âgés d’au moins 4 ans, renferme des dérivés anthracéniques dont la fraguline, mais aussi des tanins, des flavonoïdes et des alcaloïdes.

L’histoire de la bourdaine :

Déjà décrite au XVIIème siècle par le célèbre botaniste anglais Nicolas Culpeper, sous une espèce voisine, le Rhamnus cathartica, les décoctions de son écorce servaient à purger la lymphe, la bile et les humeurs liquides responsables d’hydropisie.

Les vertus de la bourdaine :

  • Les anthraquinones ( anthrones et anthranols) de la bourdaine agissent sur la muqueuse du côlon, peuvent stimuler l’action de l’intestin, régulariser le fonctionnement de l’estomac et en cas de constipation( sauf en cas de tension de la paroi du côlon), être prescrite sans danger, contrairement au séné, pour régulariser le transit.
  • L’écorce de la bourdaine permet de stimuler la production de bile, effet particulièrement intéressant en cas de paresse biliaire.

Les emplois de la bourdaine :

  • En usage interne, l’écorce de la bourdaine peut être préparée sous forme de décoction, à raison de 2 grammes d’écorce séchée par tasse.
  • Pour un effet purgatif, il est alors nécessaire de doubler les doses, à savoir 4 grammes par tasse.
  • La décoction de bourdaine, appliquée en compresses sur les dartres peut faire merveille.

Les précautions liées à la bourdaine:

  • L’écorce fraîche de la bourdaine restant toutefois très purgative et surtout toxique, mieux vaut utiliser en phytothérapie celle séchée et stockée minimum un an. Il est vivement également déconseillé d’utiliser ses baies souvent décrites comme toxiques.
  • En cas de surdosage la bourdaine peut entraîner des vertiges, des convulsions, voire une aggravation de la constipation et son usage reste contre-indiquée chez la femme enceinte ainsi que chez les enfants.
  • Du fait de la présence de dérivés anthracéniques, potentiellement irritants pour le système gastro-intestinal, l’usage au long cours de la bourdaine est déconseillé et contre-indiquée en cas d’inflammations intestinales aiguës.

Des espèces de bourdaine voisines :

  • Le Rhamnus purshiana, plus communément appelé la cascara sagrada,originaire de la côte Pacifique de l’Amérique du Nord, présente une action similaire à la bourdaine.
  • Le nerprun, Rhamnus carthartica, originaire d’Europe,reste quant à lui plus utilisé en médecine vétérinaire.
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Vipérine

Viperine

La vipérine, Echium vulgare,parfois appelée également l’herbe aux vipères, fait partie de la famille des Boraginacées.

Plante vivace originaire d’Europe, ses capitules d’une couleur bleu-violacée ainsi que ses feuilles trouvent une place dans le domaine de la phytothérapie de par les constituants majeurs qu’elles renferment.

L’histoire de la vipérine :

Sa tige entièrement tâchée comme un serpent ou une vipère firent de cette plante un remède antipoison en cas de piqûre ou morsure de scorpions. L’herboriste anglais, Nicolas Culpeper, au cours du 17ème siècle, avait alors trouvé un usage lactifère de ses graines, macérées dans du vin, ainsi qu’une action antalgique notamment en cas de douleurs au niveau des reins et du bas du dos.

La vipérine et ses constituants :

Ses parties aériennes contiennent des mucilages ainsi que alcaloïdes pyrrolizidiniques, dont notamment l’allantoïne et des alkannines.

Les indications de la vipérine :

  • D’une action assez semblable à la bourrache, la vipérine reste avant tout diurétique, avec une stimulation de la transpiration.
  • De par la présence de mucilage, la vipérine calme les toux et facilite les expectorations : une plante des plus adaptées en cas d’affections respiratoires.
  • Les sommités fleuries de la vipérine, appliquées fraîches en cataplasme ou en pansement , contribuent à calmer les brûlures ainsi que les furoncles, les panaris ou mal blanc. La présence d’alkanines, aux vertus microbiennes, confère à cette plante, sous forme de jus de feuille, une indication dans les maladies de la peau ainsi que pour accélérer la cicatrisation, un rôle joué par l’allantoïne.

Les formes galéniques de la vipérine :

  • La macération de sommités fleuries dans une huile végétale permet de conserver, voir d’utiliser la vipérine et ses constituants de façon intéressante, en dehors de la saison de floraison.
  • Les sommités fleuries, placées dans une alcoolature, offrent une autre forme galénique, à savoir une teinture-mère.

La vipérine et ses précautions :

  • Inscrite à la liste B de la pharmacopée française, la vipérine contient de l’échiine, un poison paralysant du système nerveux comme le curare, mais seulement activé par les enzymes hépatiques.
  • Les alcaloïdes pyrrolizidiniques, une fois isolés, sont très toxiques, mais seulement lorsqu’ils sont utilisées par voie interne : une plante à utiliser seulement en usage externe.
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Trèfle d’eau

Trèfle d'eau

Malgré son nom, le trèfle d’eau n’a rien à voir avec les autres trèfles, des plantes de la famille des Fabacées : le Menyanthes trifoliata, aux noms vernaculaires de trèfle des marais ou de castor appartient à la famille des menyanthacées. Originaire d’ Europe tempérée et d’Amérique du Nord, cette plante vivace semi-aquatique demeure présente avant tout en lieux humides tels que les marais, marécages, bordures de lacs ainsi que les mares peu profondes.

Les parties utilisées en phytothérapie sont constituées de la plante entière, fraîche, lorsqu’elle est parée de ses petites fleurs délicates roses ou blanches ou simplement ses feuilles portées par des tiges rougeâtres au soleil.

L’histoire du trèfle d’eau :

Bien que préconisée dans des temps plus anciens pour soulager rhumatismes et arthrite, cette plante fut également utilisée pour traiter les problèmes de rétention d’eau ainsi que de gale et de scorbut, des pathologies très fréquentes durant le Moyen-âge.

Du fait de son amertume prononcée, le trèfle d’eau fut utilisé comme substitut au houblon blanc ( Humulus lupulus).

Que renferme le trèfle d’eau ?

Le trèfle d’eau renferme des glucosides sécoiridoïdes (ményanthine), des polysaccharides, de la rutine, des coumarines (scopolétol), des acides phénoliques, des triterpènes, des tanins ainsi que des alcaloïdes (gentianine) et des iridoïdes (loganoside, menthiafoline, dihydromenthiafoline) : une plante aux vertus fortifiantes, digestives et fébrifuges à la fois.

Le trèfle d’eau en phytothérapie :

  • Les feuilles, cueillies au moment de la floraison se prêtent parfaitement aux infusions, à raison de 20 grammes de feuilles pour un litre d’eau bouillante : une méthode naturelle aux vertus tout autant dépuratives que digestives, surtout en cas de maux d’estomac et de migraines d’origine digestive.
  • Le trèfle d’eau, du fait notamment de la présence d’iridoïdes, des constituants amers, contribue à ouvrir l’appétit de par sa stimulation au niveau gastrique.
  • En cas d’arthrite à caractère rhumatismal, qui plus est, couplée à de l’asthénie, un amaigrissement ou de la fatigue, le trèfle d’eau reste d’un usage efficace : les feuilles ne serait-ce qu’appliquées en cataplasmes apportent déjà un soulagement.

Les précautions d’emploi liées au trèfle d’eau :

  • Cette plante reste déconseillée chez la femme enceinte ainsi qu’allaitante, du fait notamment de la présence d’alcaloïdes.
  • A fortes doses, c’est-à-dire, au-delà de 2 tasses par jour, la prise de trèfle d’eau pourrait entraîner des vomissements.
  • Le trèfle d’eau est fortement déconseillée en cas de diarrhée, de dysenterie ou de colique.
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Sauge

Sauge

Déjà connue et utilisée pendant la dynastie égyptienne, la sauge a traversé les siècles et bon nombre de continents : elle a toujours été utilisée aussi bien comme aliment que comme médicament.

Le nom latin de cette plante indique clairement l’importance de son rôle en phytothérapie : « salvia » vient de « salvare » en latin qui signifie « guérir ». Originaire des pourtours de la Méditerranée, la sauge est un sous-arbuste de la famille des labiées ou lamiacées : pas loin de 500 espèces en ont été dénombrées. Toutefois, en aromathérapie, deux types de sauge sont distillées : la « salvia sclarea » et « salvia officinalis », qu’il convient de bien distinguer, de par leurs différences au niveau de certains de leurs composants.


L’huile essentielle de Sauge officinale :

  • La salvia officinalis et son huile essentielle renferme des molécules de cétones terpéniques : thujone et camphre, des monoterpènes ( surtout de l’ alpha-pinène et du camphène) et un peu d’oxydes terpéniques( le 1,8-cinéole).
  • Du fait de sa composition biochimique, ses propriétés sont très larges : elle est une huile antibactérienne spécifique sur les coques gram +, les staphylocoques dorés et les streptocoques, doublée d’une antifongique sur le fameux candida albicans, et elle est antivirale.
  • Du fait de la présente d’oxydes terpéniques, elle est expectorante, mucolytique et représente une huile essentielle intéressante en cas de bronches encombrées, par exemple.
  • Elle facilite l’élimination des graisses et a une action anti-cellulitique.
  • Côté digestion, elle stimule les sécrétions biliaires et pancréatiques et peut diminuer l’excès de cholestérol.
  • Elle régule les cycles menstruels et soulage les troubles liés aux cycles et à la ménopause : c’est une huile essentielle dite oestrogen-like.
  • Elle contribue à accélérer les cicatrisations cutanées, tout particulièrement en cas de chéloïde ou d’infections cutanées.
  • Du fait de sa teneur en thujone, cette huile essentielle peut être neurotoxique et abortive : elle doit donc être utilisée avec une grande prudence. Elle est formellement interdite aux femmes enceintes et aux enfants, aux personnes épileptiques, souffrant d’hypertension. Son usage doit être limité dans le temps, surtout s’il s’agit d’un usage interne (à réaliser exclusivement sous contrôle médical ).

L’huile essentielle de sauge sclarée :

  • De son nom latin « salvia sclarea » , la sauge sclarée est traditionnellement considérée moins puissante que sa cousine, la sauge officinale. Ses principaux constituants biochimiques sont essentiellement l’acétate de linalyle et le linalol, des diterpènes ( sclaréol) et des tanins, ce qui lui confèrent des propriétés majeures en tant que régulatrice des cycles menstruels : son action est similaire aux oestrogènes.
  • Elle permet également de réguler la sécrétion du sébum ainsi que de venir à bout des transpirations excessives. Côté capillaire, c’est un excellent tonique du cuir chevelu ( cheveux gras), tout en permettant d’éliminer les pellicules : quelques gouttes dans votre shampoing au moment de l’utilisation sont suffisantes.
  • En cas de problèmes de peaux (acné, furoncle, inflammations cutanées), cette huile essentielle a toute sa place.
  • En cas d’aménorrhée ( absence de règles), de pré-ménopause, pour diminuer certains effets de la ménopause comme l’irritabilité et les bouffées de chaleur, cette huile essentielle peut aider : 2 gouttes d’huile essentielle de sauge sclarée sur un comprimé neutre ou dans une petite cuillère à café d’huile d’olive, et ce, trois fois par jour.
  • Cette huile essentielle, comme tout produit contenant des principes actifs, a ses contre-indications : elle peut être toxique en période de grossesse ainsi que chez les épileptiques, mais elle peut être utilisée par la femme allaitante, car elle favorise les montées de lait. Les personnes dont la tension artérielle est élevée doivent également éviter l’utilisation de cette huile essentielle.

En cas de doute sur l’utilisation d’une huile essentielle , n’hésitez pas à demander conseil auprès d’un thérapeute confirmé : la prescription d’huiles essentielles par voie orale est réservée exclusivement aux médecins.

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Rue

Rue

Parfois dénommée herbe de grâce, la rue concerne une centaine d’espèces parmi lesquelles figurent ruta graveolens et ruta chalepensis, les plus connues et utilisées. De la famille des rutacées, cette plante aromatique fétide croît dans les pays du bassin méditerranéen sur les sols ouverts et ensoleillés. Cultivée dans le monde entier en tant que plante d’agrément mais aussi pour ses propriétés médicinales, ces parties aériennes sont récoltées en été.

L’histoire de la rue :

La rue, Ruta chalepensis, selon la bible, aurait été la plante dans laquelle Jésus essaya de se cacher pour échapper aux soldats romains, ce qui lui valut sa renommée de plante protectrice contre les forces du mal, croyance encore bien vivante en Amérique du Sud. Dès l’Antiquité, en Grèce et en Egypte, la rue était déjà employée comme plante médicinale, notamment pour stimuler les règles, provoquer les avortements et renforcer l’acuité visuelle. Plante acclimatée dès le Moyen-âge dans les régions tempérées plus froides de l’Europe, elle fut introduite en Amérique du sud vers le 16ème siècle par les espagnols et les Portugais.

Que contient la rue ?

  • La ruta graveolens, de loin l’espèce la plus utilisée,renferme des flavonoïdes dont la rutine (jusqu’à 5%) ainsi que de la quercétine, de précieux protecteurs vasculaires ainsi que de puissants antioxydants qui font l’objet de bon nombre d’études publiées à ce jour.
  • La rue contient des furanocoumarines photosensibilisantes dont le bergaptène et le xanthotoxine : pas d’exposition solaire en cas d’utilisation de cette plante.
  • Des alcaloïdes dont la fagarine, de l’arborinine et de la skimmianine, peuvent atteindre jusqu’à 1,4% des constituants.
  • La rue contient une huile essentielle, très riche en méthyl-nonyl-cétone pour ce qui est de la plante et en 2-undécane pour ce qui est de ses fruits.

Les effets et usages de la rue :

  • De par ses vertus emménagogues, la rue est prescrite afin de réguler l’apparition des règles de par son effet stimulant sur les muscles de l’utérus.
  • De par son action spasmolytique, la rue favoriserait les contractions utérines, d’où sa contre-indication majeure chez la femme enceinte.
  • L’huile essentielle, de par ses vertus antihelminthiques représente un poison neurologique pour les parasites. En friction, elle permet de calmer les douleurs situées aux articulations ou aux muscles de par son action rubéfiante.
  • La rue, préparée en infusion, peut être appliquée sur les yeux cernés, fatigués ainsi que pour améliorer la vue.
  • De par la présence de rutine, la rue a pour autre action de renforcer les parois des vaisseaux sanguins ainsi que celle d’abaisser la tension.

Les différentes espèces de rue :

  • Des différentes espèces de rue existantes, seules trois restent encore utilisées de nos jours. Ruta graveolens et ruta chalepensis se ressemblent beaucoup, comparées à Ruta montana.
  • Seuls les pétales des fleurs en bouquets jaune-verdâtre permettent de faire la différence : ceux de Ruta graveolens sont lisses tandis que ceux de Ruta chalepensis sont finement divisés, laciniés, sur leur bordure.
  • Si Ruta graveolens reste l’espèce la plus utilisée en Europe, notamment en homéopathie, ruta chalepensis demeure très appréciée en Amérique du Sud. Dans la province de Corrientes, en Argentine, la coutume veut que chaque premier jour du mois d’Août, les habitants boivent une infusion de rue aromatisée au jus de canne s’assurant ainsi d’une bonne santé pour l’année à venir.

Les effets toxiques de la rue :

  • Les Furanocoumarines (psoralènes) contenues dans la rue sont phototoxiques.
  • Consommer des extraits de rue même en petite quantité peut entraîner des malformations fœtales, avec risque majoré d’avortement.
  • Les signes d’intoxications par la rue commencent par des troubles digestifs (douleurs, vomissements, hypersalivation) qui s’accompagnent rapidement de signes de choc (hypotension, troubles cardiaques), voire de convulsions,  en parallèle de saignements génitaux.
  • Selon la gravité de l’intoxication, il peut se développer une insuffisance rénale et hépatique pouvant conduire au décès.
  • Il n’y a pas d’antidote à l’intoxication par la rue, que ce soit pour l’espèce Ruta graveolens ou Ruta chalepensis.